Narianiah


La date de naissance de Narianiah n'est pas connue et peu de chose est connue de sa famille qui appartenait à la caste des Brahmanes. Son grand père avait eu une situation importante dans la Compagnie des Indes Orientales et avait une solide réputation comme un savant spécialisé en Sanskrit. Son père, Jiddhu Narianiah, était aussi connu pour sa connaissance du Sanskrit. Après avoir terminé ses études à l'Université de Madras, il devint un fonctionnaire attaché au Ministère des Finances de l'administration anglaise et en fin de carrière portait le titre de Tashildar (receveur des loyers) et de magistrat de district. Selon les standards indiens, la famille était loin d'être pauvre.

Narianiah épousa Sanjeevamma, sa cousine au second degré, qui lui donna onze enfants, dont six seulement survécurent jusqu'à l'état adulte. Leur mariage semble avoir été très heureux. Narianiah décrivit sa femme comme ayant une très belle voix eet qu'elle aimait beaucoup chanter pour lui. La vie aux Indes, à cette période, était primitive et le système des castes imposé avec sévérité. Les servants "intouchables" ne pouvait entrer dans une maison brahmane sauf pour emporter les immondices. Aucune nourriture ne pouvait pas être préparée par un non-brahmane, car leur végétarisme était si strict que même les oeufs étaient leur étaient interdits. Mais rien n'empêchait un brahmane de devenir un domestique dans un ménage brahmane.

Son huitième enfant, J. Krishnamurti, naquit le 11 mai 1895 à midi et demi. Sa mère ayant une intuition particulière, choisit de lui donner naissance dans la pièce réservée au puja et à même le sol. L'horoscope du bébé fut tiré le jour même par Kumara Shrowtulu, l'un des astrologues les plus célèbres de la région. Il annonça au père que son fils serait un grand homme, mais qu'il faudrait attendre de nombreuses années avant que la prédiction ne se réalise.

En novembre 1896, Narianiah fut transféré du petit village de montagne de Madanapalle à Cudappah, une ville beaucoup plus conséquente, mais connue comme le district le plus infesté par la malaria. L'année suivante toute la famille souffrit d'une famine sévère et de la malaria. Heureusement, Narianiah fut à nouveau transféré en 1900 dans la ville beaucoup plus salubre de Kadiri.

En 1903, la famille se retrouve à Cudappah après trois autres courts transferts. Sa fille aînée y mourut de la malaria, à l'âge de 20 ans; et en décembre 1905, Sanjeevamma mourut à son tour. Après le décès de sa femme, Narianiah prit un congé de plusieurs mois et retourna à Madanapalle pour que ses enfants retrouvent la santé. Il fut autorisé à reprendre sa carrière dans cette ville et il y resta jusqu'en 1909 .

Quand Narianiah prit sa retraite, fin 1907 à l'âge de 52 ans, sa pension était de 112 roupies par mois, la moiitié de son dernier salaire. Comme il avait été un membre de la Société Théosophique depuis 1881, il écrivit qu'il était prêt à servir la Société à temps plein en échange d'un logement gratuit pour lui-même et ses fils, sur la propriété des quartiers internationaux de la Société Théosophique à Adyar, près de Madras. Il affirma qu'au service du gouvernement, il avait eu la responsabilité de plus de mille kilomètres carrés contenant 160 villages, et qu'il avait donc les capacités de gérer de larges propriétés. Il indiqua qu'il était veuf avec quatre fils agés de 15 à 5 ans, et que sa seule fille était mariée et ne pouvait donc pas s'occuper d'eux.

Madame Besant refusa officiellement de lui donner asile sur la propriété parce que l'école la plus proche d'Adyar était à 5 km et qu'aucun transport n'existait. Officieusement, on disait à Adyar que les enfants auraient une influence qui dérangerait les résidents. Pourtant, Narianiah ne se laissa pas décourager, il introduisit trois nouvelles requêtes dans les mois qui suivirent. A la fin de 1908, un des secrétaires de la Société qui avait besoin d'un assistant, suggéra Narianiah pour ce poste. Il rencontra Mme Besant en décembre et celle-ci accepta finalement ses services. Il enménagea à Adyar avec ses quatre fils et un neveu le 23 janvier 1909. Comme il n'y avait pas de maison disponnible à Adyar même, la famille s'installa dans un cottage abandonné et dilapidé en dehors de la propriété. Le bâtiment n'avait pas de d'eau courante, ni de système sanitaire.

La soeur de Narianiah, qui s'était disputée avec son mari, vint retrouver son frère et s'occupa des enfants, mais elle parrait avoir été négligente et surtout une très mauvaise cuisinière. Les enfants arrivèrent à Adyar dans un état physique déplorable. On doit donner beaucoup de crédit à la ténacité de Narianiah, car s'il n'était pas arrivé à installer sa famille à Adyar, il est peu probable qu'aucun de ses enfants ait atteint létat d'adulte.

Ce n'est que le 2 septembre suivant que Leadbeater vit les conditions épouvantables dans lesquelles la famille de Narianiah était contrainte de vivre. Il écrivit une lettre sévère à Mme Besant réclamant que toute la famille soit accueillie le plus rapidement possible dans une maison vide sur la propriété, dès que celle-ci serait restaurée. Il eut gain de cause, et bientôt la famille occupa un logement décent.

Narianiah donna son accord pour que deux de ses fils, Krishnamurti et Nitya, reçoivent une éducation universitaire en Angleterre. Mme Besant partit avec eux et dût mener une longue bataille devant les tribunaux pour les garder en Angleterre lorsque leur père changea d'avis. Narianiah accusa son fils KrishnamurLeadbeater d'avoir eu des relations sexuelles, mais il fut prouvé sansmbre d'un doute que cette accusation était fausse. Le tribunal l'accusa plus tard de faux témoignage.

Lorsqu'il déposa plainte contre elle et contre Leadbeater, Mme Blavatsky fit expulser Narianiah de la propriété d'Adyar. Ses deux fils, interrogés par les tribunaux anglais, déclarèrent vouloir rester en Europe et ne jamais retourner aux Indes. La rumeur se répandit que Narianiah voulait les faire enlever pour les faire rentrer aux Indes. Petit à petit, il devint d'une grande intransigeance religieuse et quitta toute forme de vie spirituelle.

Quelques années plus tard, sur la demande de Mme Besant, alors qu'ils étaient de passage à Adyar, les deux garçons rendirent visite à Triplicane, un district de Madras où Narianiah vivait alors. Il voulurent tenter une réconciliation et ils allèrent se prosterner devant lui. Ils lui touchèrent les pieds, et Narianiah alla immédiatement se laver car il avait "été touché per des pariahs".

Il mourut en février 1924, Son fils aîné, Sivaram, devint médecin. Il mourut en 1952 laissant quatre fils et quatre filles. Son fils aîné, Giddu Narayan, enseigna les mathématiques à l'école Rudolph Steiner du Sussex. Le frère cadet de Krishnamurti, Sadanand, vecut avec Sivaram jusqu'à sa mort en 1948. Son déoppement mental était celui d'un enfant, il aimait jouer et était adoré par ses neveux et nièces.