Notice Biographique
Gérard Anaclet Vincent Encausse, souvent connu sous le pseudonyme de "Papus," était un médecin français, né en Espagne, un hypnotiste, et un vulgarisateur de l'occultisme.
Le pseudonyme "Papus" a été pris du "Nuctémeron d'Apollonius de Tyane" (supplement du Dogme et Rituel de la Haute Magie d'Eliphas Lévi) et signifie "médecin." On se souvient surtout de Papus comme l'auteur d'ouvrages sur la magie, la Qabale et le Tarot, ainsi que de cercles litéraires de la fin du 19s siècle et du début du 20e.
Il naquit à La Coruña en Espagne, le 13 juillet 1865, d'une mère espagnole et d'un père français: Louis Encausse, un chimiste. La famille s'établit à Paris lorsque Gérard eut quatre ans, et il y poursuivit son éducation. Adolescent, le jeune Encausse passa beaucoup de temps à la Bibliothèque Nationale, étudiant la Qabale, le Tarot, les sciences magiques et alchimiques, ainsi que les écrits d'Eliphas Lévi. Il devint membre de la Section francaise de la Société Théosophique, peu de temps après sa fondation par Madame Blavatsky en 1884-85. Officiellement, il quitta cette Société à cause de son orientation asiatique. La vraie raison étant des conflits de personnalité avec les dirigeants, en particulier avec le Col. Olcott. La preuve en est qu'il rejoignit la H.B. of L., dont Mme Blavatsky faisait partie. En 1888, avec son ami Lucien Chamuel il fonda la Librarie du Merveilleux et sa revue mensuelle L'Initiation, qui fut publiée jusqu'en 1914.
Bien que Papus déclara que son "maître spirituelr" le mystérieux guérisseur et magicien, boucher de profession, connu comme "le Maitre Philippe" (Philippe Nizier), son premier instructeur dans les aspects intellectuels de l'occultisme fut le Marquis Joseph Alexandre Saint-Yves d'Alveydre (1842-1910 e.v.). Saint-Yves avait hérité des archives de l'un des plus grands fondateurs de l'occultisme français, Antoine Fabre d'Olivet (1762-1825 e.v.). Pendant son passage par la Société Théosophique, Papus fréquenta le salon de l'une des membres, la Duchesse de Pomar. C'est probablement elle qui l'introduisit au Marquis Stanislas de Guaita (1860 1898 e.v.). En 1888, Papus, Saint-Yves, de Guaita, Joséphin Péladan et Oswald Wirth fondèrent l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.
En mai 1891, Papus participa comme témoin aux duels fameux entre de Guaita et Jules Bois, un écrivain qui avait attaqué de Guaita dans ses ouvrages. Bois devint un participant actif dans la "guerre magique" que se livrèrent de Guaita et son rival, l'Abbé Boullan. Boullan était le chef d'une branche schismatique de l'Eglise Romaine appelée l'Oeuvre de la Miséricorde. Cette église occultiste avait été fondée par Eugène Vintras en 1851. Cette "guerre magique" avait inclus la publication de La Bas, un roman par Joris K. Huysmans, qui était supposé décrire les actions d'un groupe de sorciers satanistes que l'on disait être de Guaita et ses associés. Le premier duel était au pistolet, entre Bois et de Guaita. Bois s'était attendu à être le sujet de sinistres influences magiques qui influenceraient le résultat du duel; et en effet, son cheval souffrit d'une terreur inexpliquée sur le chemin du duel. Ni de Guaita ni Bois ne furent blessés au cours de ce duel, mais plus tard, on découvrit que l'un des pistolets (on ne put jamais déterminer à qui il avait servi) n'avait pas fonctionné et que sa balle n'avait jamais quitté le canon. Le second duel fut au sabre entre Bois et Papus cette fois. A cette occasion, la voiture de Bois se brisa à deux reprises sur le chemin du duel. Papus et Bois s'en tirèrent avec de légères blessures, et plus tard devinrent des amis. Après le décès de de Guaita en 1897 (probablement d'un abus de drogues), Papus devint le (dernier) chef de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix.
En 1891, Papus fonda une organisation appelée l'Ordre des Supérieurs Inconnus qui comprenait trois degrés, et qui était connu sous le nom d'Ordre martiniste, qui se voulait être basé sur deux rites maçoniques éteints: Le Rite des Elus-Cohens de Martinez de Pasqually (c.1700-1774 e.v.); et le Rite Rectifié de Saint-Martin de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803 e.v.), un étudiant de Pasqually qui usait du pseudonyme "Le Philosophe Inconnu." Papus déclarait être en possession des documents originaux de Pasqually et d'avoir reçu la direction du Rite de Saint-Martin par son ami Henri Delaage, qui affirmait que son grand-père maternel avait été initié dans l'Ordre par Saint-Martin lui-même, et qui avait tenté de remettre son ordre en vigueur en 1887. L'Ordre Martiniste devint le centre d'intérêt majeur de Papus, et demeure encore aujourd'hui sa majeure contribution.
En 1893, Papus fut élevé à l'Episcopat dans l'Église Gnostique de France par Jules Doinel, qui avait fondé en 1990 cette Eglise dans le but de raviver la religion cathare. En 1895, Doinel abdiqua comme Primat de l'Eglise Gnostique de France en laissant la direction à trois de ses anciens Evêques, dont l'un d'eux était Papus. En mars de la mieme année, Papus entra dans le Temple Athanor de la Golden Dawn, à Paris,
Malgré ses activités importantes dans les millieux occultistes, Encausse trouva le temps de poursuivre des éudes académiques conventionelles à l'Université de Paris. Il obtint son doctorat en médecine en 1894 après avoir défendu une thèse sur l'Anatomie Philosophique. Il ouvrit un cabinet dans la Rue Rodin qui eut un certain succès.
Papus se rendit en Russie à trois reprises, en 1901, 1905 et 1906, au service du Tsar Nicholas II et de la Tsarina Alexandra à la fois comme médecin et conseiller occulte. En octobre 1905, il fut supposé avoir conjuré l'esprit d'Alexandre III, le père du Tsar Nicholas, qui avait prophétisé que le Tsar tomberait entre les mains des révolutionnaires. Papus informa le Tsar qu'il serait en mesure d'éviter magiquement la prophétie d'Alexander aussi longtemps qu'il vivrait. La chose s'avéra exacte puisque Nicholas onserva le trône de Russie jusqu'au 141ème jour après le décès de Papus. Bien que Papus semble avoir servi le Tsar et la Tsarine, ce fut surtout dans sa capacité shamanique. Curieusement plus tard, il s'étonna de leur dépendance à l'occultime en ce qui concerne les questions de gouvernement. Dans leur correspondance subséquente, Papus les mis plusieurs fois en garde contre l'influence de Rasputin.
Papus ne devint jamais un maçon régulier. Il opposa la maçonnerie comme étant athée, par contraste au Christianisme Esotérique de l'Eglise Gnostique, de l'Ordre Kabalistique de la Rose-Croix et du Martinisme. Pourtant, il organisa une "Conférence Maçonique Internationale" à Paris le 24 juin 1908, et pendant cette conférence, il reçut une patente de Theodor Reuss lui permettant d'établir à Paris, un "Suprème Grand Conseil Général des Rites Unifiés de la Maçonerie Ancienne et Primitive pour le Grand Orient de France et ses Dépendances. C'est probablement à cette occasion que Reuss conféra le Xe degré de l'O.T.O. pour la France, et en retour Papus assista Reuss dans la formation de la version O.T.O. de l'Eglise Gnostique Catholique, qui fut une branche de l'Église Gnostique de France.
Lorsque John Yarker mourut en 1913, Papus fut élu comme son successeur dans la fonction de Grand Hierophante des Rites Anciens et primitifs de Memphis et Mizraim.
Lorsqu'éclata la Grande Guerre, Papus s'engagea dans l'armée francaise comme médecin. Il fut atteint de tuberculose et mourut le 25 octobre 1916, à l'âge de 51 ans.