LETTRE OUVERTEDESTINEE A CEUX QUI DESIRENT RECEVOIR LES SAINTS ORDRES DANS L'EGLISE CATHOLIQUE LIBERALE par Mgr Maurice Warnon Cette lettre a été écrite pour répondre aux questions de ceux qui désirent mieux connaître l'état de la Prêtrise dans l'Eglise Catholique Libre; et plus particulièrement de ceux qui envisagent de se qualifier pour cette Ordination. Cette lettre ouverte n'est pas un document officiel de l'Eglise, dans le sens que son contenu n'engage pas la responsabilité de l'Eglise Catholique Libre; mais elle exprime les vues de son auteur et décrit les critères que celui-ci entend appliquer dans le processus de sélection des candidats à la Prêtrise placés sous sa juridiction. Ces vues reflètent aussi les opinions de la majorité des Evêques de l'Eglise Catholique Libre, telles qu'elles ont été exprimées au cours des Synodes Episcopaux Généraux d'Ojaï, Californie (1976 & 1981) et de Woudschoten, Pays-Bas (1988). LES QUALIFICATIONS REQUISES POUR LA PRETRISE. Avant de rechercher à obtenir la Prêtrise dans notre Eglise (ou dans toute autre), un candidat doit se soumetre à une analyse introspective profonde, afin de formuler pour lui-même des réponses personnelles et sincères à quelques questions fondamentales. La premières de ces question est la suivante: Pourquoi ai-je le désir de rechercher la Prêtrise? A cette question, il n'y a en fait qu'une seule réponse valable: le désir irrésistible, la détermination inflexible de consacrer son existence, son existence actuelle et à venir, au service actif du Christ et de son prochain. Avant qu'une telle détermination ne soit établie dans l'esprit d'un être humain, celui-ci doit avoir percé le masque de la vie mondaine: il doit avoir été convaincu de son incapacité d'être pleinement satisfait par ce que le monde profane peut offrir; il doit savoir, par expérience, que la seule satisfaction réelle et durable lui vient lorsque sa vie personnelle est complètement submergée par le service. Et lorsqu'il aura appris cela, et qu'il aura reconnu qu'il ne sera pleinement satisfait que par le service, il pourra alors répondre à la seconde question: Comment puis-je servir le mieux? Des voies diverses et nombreuses sont offertes à ceux qui désirent servir leur prochain. Elles proposent un choix acceptable à tous les tempéraments et tous les talents humains. Un agnostique peut servir dans un mouvement humanitaire, afin d'essayer d'améliorer le sort d'autres hommes. Celui qui aspire au service dans le cadre d'une Eglise ne peut être agnostique: il doit être quelqu'un ayant établi clairement la relation qui existe entre Dieu et lui-même. Cela signifie qu'il doit avoir étudié dans le détail la religion qu'il embrasse et avoir mis ses préceptes en pratique, de telle manière que ces derniers ne représentent pas pour lui un sujet plus ou moins théorique, mais soient devenus les composants acceptés de sa propre expérience pratique. Il doit avoir soumis sa religion à une analyse critique dépourvue de passion, usant de toutes ses facultés de coeur, d'esprit, d'intelligence et d'intuition; avoir justifié pour lui-même cette religion, à tous les niveaux de sa conscience. Il doit s'être convaincu, par sa propre expérience, que sa religion agit, qu'elle inspire, qu'elle rend noble, qu'elle apporte la paix de l'âme, mais par dessus-tout qu'elle est VRAIE. La candidat à la Prêtrise dans l'Eglise Catholique Libre doit être versé dans la connaissance du Christianisme en général, et plus particulièrement dans les doctrines principales de la Foi Catholique et de leur interprétation par notre Eglise; il doit être un familier des Ecritures (Ancien et Nouveau Testaments, ainsi que des écrits Apocryphes) et posséder une bonne connaissance de la pratique de la religion chrétienne. Son approche et sa culture doivent être résolument chrétiennes. Bien que notre Eglise soit profondément mystique et accepte des orientations occultes, une connaissance même approfondie de la spiritualité, de la théosophie, de l'occultisme et de la Gnose ne suffisent pas. Une telle connaissance, aussi approfondie et utile soit elle, ne peut être que l'arrière-plan de l'interprétation des enseignements et de la morale chrétiens, exprimés dans une terminologie chrétienne et non dans une phraséologie particulière, quelle qu'elle soit. Le candidat doit avoir étudié avec soin, au moins les principales religions du monde et les grandes divisions de la religion chrétienne; de telle manière qu'il puisse comprendre et sympathiser avec le clergé et les fidèles de chacune de ces confessions, et qu'il puisse y reconnaître l'expression du bien, qu'il puisse comprendre pourquoi les fidèles de chacune d'elles y trouvent la vraie satisfaction spirituelle. Il doit avoir atteint la conviction que toutes les religions conduisent les hommes à Dieu et inspirent leurs fidèles pour la conduite d'une vie noble. Il doit avoir choisi sa foi, parce que celle-ci est l'expression la plus proche de sa conception de la Vérité éternelle et qu'elle lui fournit un moyen de servir et d'aider les hommes parmi lesquels il vit. Les candidats à la Prêtrise doivent, dans les rangs du Clergé, cesser de s'orienter uniquement vers la récolte des fruits de la religion, mais de s'activer à devenir des dispensateurs de la bénédiction divine et d'apporter à leur entourage l'inspiration et la paix d'une manière telle que ceux qui les entourent soient en mesure d'apprécier. Lorsque celui-ci aura déterminé que son but est le service des autres, et que l'Eglise Catholique Libre est le moyen qu'il considère être le meilleur pour servir, le candidat pourra alors se poser quelques autres questions: Ai-je suffisamment progressé dans la conquête de l'égoïsme, de l'orgueil, de l'indolence, de la passion afin de pouvoir raisonnablement servir d'exemple à la plupart des hommes? Ai-je une connaissance suffisante des problèmes de la vie, y compris de la psychologie humaine, afin de pouvoir conseiller utilement ceux qui me demanderont de l'aide? Un avancement certain est nécessaire dans ces domaines, si le candidat veut être autre chose qu'un "aveugle conduisant des aveugles", pour utiliser l'expression de notre Seigneur. Afin de l'aider dans la réponse à ces questions, le candidat doit être prêt à s'ouvrir et à partager sans arrière-pensée, ses connaissances avec le Prêtre qu'il aura choisi comme mentor, et avec son Evêque. Ce dialogue lui permettra également de préparer un plan d'étude complétant ses connaissances, si cela est jugé nécessaire. La meilleure réponse à ses questions se trouve dans la situation présente du candidat: est-il quelqu'un vers qui les gens se tournent naturellement pour demander conseil? est-il considéré comme ayant du bon sens et croit-on utile de lui demander conseil dans les situations difficiles? Comme la Prêtrise est une tâche qui engage l'existence dans sa totalité, elle est un joug qui, une fois accepté, ne peut être abandonné; il convient donc de bien mesurer la charge de la Prêtrise dans l'Eglise Catholique Libre. Il est possible de cesser de travailler, on peut tout répudier, on peut quitter l'Eglise, mais l'Ordination est indélébile, et les canaux spirituels qui sont ouverts par elle, ne peuvent être comblés. La responsabilité de l'usage de ces canaux demeure, aussi bien pour le Prêtre que pour l'Evêque qui l'a ordonné. Une pénalité inévitable est attachée au rejet des obligations de la Prêtrise: celle-ci prend habituellement la forme d'un lent obscurcissement de l'esprit et du jugement. Il ne convient donc pas d'accepter la Prêtrise à la légère ou avec des restrictions mentales, en pensant que si cette charge ne plaît pas, on abandonnera. On peut abandonner, bien sûr, mais il faut en payer le prix. Cette tâche, non seulement engage pour la durée de la vie, mais en plus, elle ne peut être reléguée comme une activité de second plan. Quels que soient l'environnement et la carrière sociale, on est toujours un Prêtre du Christ, Son représentant personnel, le porteur de Ses pouvoirs, le témoin de Sa Présence. Dans chacune de ses associations, le Prêtre doit se souvenir qu'il est rattaché à Lui, comme Son représentant dans le monde et qu'il doit gouverner ses pensées, ses sentiments et ses actions en conséquence. Une occasion d'aider peut s'offrir à tout instant, le Prêtre doit être en éveil pour percevoir le besoin d'aide, la forme d'aide et la bénédiction qu'il convient de donner, la plupart du temps en silence et à l'insu de tous. Tout ce que l'on entreprend doit être fait au mieux, car c'est le Prêtre du Seigneur qui le fait; il faut donc se rappeler que l'on est chargé de maintenir intact l'honneur du Seigneur dans le monde des hommes. Dans l'Eglise Catholique Libre, au moins pour longtemps encore, le Prêtre doit porter sur ses épaules un fardeau que les Prêtres des autres Eglises ne doivent pas porter: celui d'assurer leur propre subsistance et celle de ceux qui dépendent de lui. Il y a pour cela deux raisons: l'une pratique, l'autre d'ordre éthique. Pratiquement, notre Eglise ne possède pas de biens lui permettant de rétribuer son Clergé; l'Eglise Catholique Libre est un mouvement jeune, ses Prêtres sont encore des pionniers; ses paroisses, ses missions et ses centres sont encore petits et ils doivent survivre sans rétribuer leur Clergé. Dans un futur éloigné il se pourrait que la chose devienne possible, cependant il y a une autre raison, d'ordre éthique celle-là, qui empêche d'en arriver à l'usage d'un Clergé rétribué. Un jour, quelqu'un a dit que le plus grand fléau de l'humanité était la Prêtrise professionnelle, et il y a beaucoup de sagesse dans cette remarque. Une Prêtrise professionnelle, dont les membres tirent leur subsistance de leur ministère et dont l'unique (ou la principale) ressource est l'exercice du culte, a toujours tendance à organiser une religion particulière de façon exclusive et de créer un monopole, d'en faire un moyen d'exploitation des fidèles au profit de l'organisation. Il ne s'agit pas nécessairement d'une action intentionnelle, mais du résultat des intérêts personnels des individus concernés. C'est de cette source que jaillit l'intolérance religieuse. Certaines personnes sont entrées dans le Clergé, non pour le service de Dieu et des hommes, mais pour assurer leur carrière personnelle, de se garantir un moyen d'existence. Certains membres du Clergé peuvent même avoir perdu la foi et se voient alors forcés de continuer leur ministère d'une manière hypocrite, prétendant qu'ils croient encore dans leur enseignement, parce qu'ils n'ont pas d'autre moyen d'existence et qu'ils risquent la misère, s'ils étaient honnêtes avec eux-mêmes et avec leurs fidèles. En demandant à son clergé de pourvoir à sa subsistance, l'Eglise Catholique Libre espère éviter les dangers de l'exploitation et de l'hypocrisie: elle est prête à voir se réduire le nombre des candidatures à la Prêtrise à ceux qui sont suffisamment inspirés pour faire ce sacrifice. Ainsi, tout candidat doit pouvoir assurer son existence, par des revenus, si possible certains, même modestes; mais laissant libre le dimanche et de préférence permettant une retraite à un âge relativement peu avancé. Afin de permettre à l'Eglise de fonctionner normalement, le candidat devra prendre l'habitude de consacrer assez de son temps libre au travail dans l'Eglise. Il devra donc organiser son existence pour se libérer d'obligations mondaines. L'expérience à prouvé qu'un Prêtre de l'Eglise Catholique Libre doit consacrer au moins, et c'est un strict minimum, une journée de travail par semaine aux devoirs de sa charge. Le Clergé, pour de nombreuses années encore, doit s'attendre à devoir donner, non seulement la majeure partie de son temps libre à l'Eglise, mais aussi un support financier considérable, dans son travail de pionnier, afin d'établir fermement notre jeune Eglise. Il est de coutume que les membres du Clergé fournissent une partie, sinon l'entièreté des ornements, des frais de voyage et autres, en rapport avec leur ministère. Ils doivent parfois aussi commencer leur mission et louer un lieu de culte jusqu'à ce qu'ils aient rassemblés assez de fidèles qui puissent le décharger de cette charge financière. Si le candidat est marié, il est désirable que son conjoint et sa famille soient en complet accord avec son engagement, de telle manière que ceux-ci ne soient pas seulement favorables, mais bien désireux de le seconder de tout coeur dans les sacrifices inhérents à cette charge. S'il n'est pas marié, il doit considérer, s'il envisage le mariage dans l'avenir, qu'il devra choisir une compagne qui partagera joyeusement son travail, et non pas prendre un conjoint, simplement parce que tous deux sont amoureux. Un mariage réussi se construit sur l'unité véritable, et cette unité ne peut exister si l'un des partenaires s'est décidé pour le service, alors que l'autre se trouve violemment attiré par d'autres directions. Viennent ensuite les questions de l'éducation et de la culture nécessaires à la candidature à la Prêtrise. Il n'est pas nécessaire d'obtenir des degrés universitaires et leur possession n'est pas une recommandation en l'absence d'autres qualifications plus importantes; cependant, le candidat doit posséder une culture générale adéquate, être familier des divers courants de pensée que le monde a produit, être un étudiant curieux des affaires mondiales et de son pays, ainsi que des problèmes d'actualité qui affectent la vie des hommes. Il ne doit pas se poser comme un guide politique, mais doit être à même d'aider dans ce domaine de la pensée, à percer les problèmes en fonction du bien-être général, de la justice, de la bonne volonté, afin que ceux et celles qui demandent conseils, puissent trouver leurs propres solutions sur ces bases, et non pas sous le coup de pressions émotionnelles ou idéologiques. Comme dit précédemment, il doit avoir une bonne connaissance des autres Eglises et des autres Religions, afin de pouvoir être à même d'en montrer les bons aspects et de rencontrer les fidèles des autres croyances sur une base fraternelle, comprendre et travailler avec eux pour le bien universel, ainsi faisant il pourra promouvoir l'harmonie entre les diverses croyances et rencontrer le clergé des autres Eglises sur pied d'égalité. Il n'y a pas d'examen ou de conditions d'éducation imposées; pour l'instant, un programme d'études personnelles est proposé aux candidats. Le candidat devra également suivre avec succès les cours de l'Institut d'Etudes Catholique Libéral. Le seul juge dans l'évaluation des candidats est l'Evêque Ordinaire, car c'est lui qui doit décider qui sera ordonné et qui ne le sera pas. Comme le Sacrement de l'Ordre est l'exercice de la fonction épiscopale, et que l'Evêque est responsable de l'usage des dons qu'il a reçu aussi bien que des actions religieuses de ceux qu'il ordonne, il est tout à fait normal et juste qu'il soit à même d'accepter ou de refuser une telle responsabilité. L'évêque s'assurera donc que le candidat a bien l'orientation d'esprit et possède le caractère et le calibre convenable à la Prêtrise; que son développement culturel et intellectuel est raisonnablement valable pour un dépôt aussi sacré. Aucun Prêtre ne peut jamais se considérer comme suffisamment qualifié. S'il est un Prêtre véritable, il cherchera constamment à améliorer sa personnalité, ses pensées, ses émotions, son élocution, ses actes et les mécanismes qui contrôlent ces fonctions afin de devenir un meilleur canal et un représentant plus méritant du Seigneur, un père plus efficace pour son prochain. Il y a une qualité dont le Prêtre aura invariablement besoin: c'est la force de caractère. Il doit s'attendre à être souvent déçu par les autres: des fidèles qui perdent leur intérêt pour l'Eglise et qui s'en vont; le Prêtre doit alors faire de son mieux pour les réinsérer et même les aider à trouver la satisfaction spirituelle en dehors de notre Eglise. S'ils s'en vont, il doit avoir de courage de continuer, même tout seul, célébrant les offices et apportant au monde la bénédiction du Seigneur; construisant et reconstruisant, si nécessaire, jusqu'à ce que germent les semences dans le champ fertile du Seigneur et portent des fruits en abondance. Il ne doit pas perdre son entrain, il ne doit pas perdre courage, quelles que soient les choses que les autres ont faites, ou ont omis de faire, car ceux-ci ne peuvent que l'abandonner, le Prêtre lui, abandonnerait le Seigneur: il ferait défaut à ce que le Seigneur a confié à son Prêtre. Le seul objet de l'ordination d'un Prêtre est le ministère que celui-ci exercera; le service qu'il apportera aux autres, le soin qu'il apportera à "paître le troupeau du Seigneur". C'est pourquoi l'Evêque ne peut envisager l'avancement d'un candidat, tant que celui-ci n'aura pas présenté un plan défini d'engagement dans le travail pastoral. S'il est attaché à une paroisse existante, ou à un centre ou une mission qui a besoin d'étendre son Clergé; et que la congrégation et le Clergé désirent le voir servir, la condition est évidemment remplie; sinon, il lui faudra présenter un plan pratique et défini pour l'établissement d'un centre et la construction d'une nouvelle paroisse. Il aura à entreprendre la réalisation de son plan, la formation de son centre, avant même d'avoir atteint la Prêtrise, en commençant le ministère public, conduisant les services qu'il est à même de célébrer et faisant usage des services des Prêtres et des Evêques de passage. Beaucoup de centres ont été ainsi établis par des laïcs, des Acolytes, des Sous-Diacres et des Diacres. La meilleure recommandation à la Prêtrise est l'existence d'un besoin immédiat que le candidat est capable de satisfaire. Une certaine éthique personnelle est, bien entendu, considérée comme une condition essentielle. Le Prêtre doit être un gentilhomme, au sens réel du mot; il doit porter une attention et une considération égale aux personnes âgées de sa congrégation, qu'aux plus attirantes jeunes personnes; il doit être un homme d'honneur et intègre, jouir d'une bonne réputation dans la communauté auquel il est assigné et parmi ceux avec lesquels il exercera une activité publique; il doit s'être débarrassé de toute grossièreté et vulgarité en pensées, en paroles et en actions. On s'attend à ce qu'il maintienne à un haut degré ce qu'il est convenu d'appeler une bonne conduite dans sa vie privée, ses contacts avec les autres, dans l'église, aussi bien qu'en dehors. En matière de morale, il doit avoir pris conscience de la base et des motifs de sa conduite, et poser certains actes et s'abstenir de certains autres parce qu'il est absolument persuadé que ceux-ci ont leur source dans la justice, la courtoisie, la douceur et la charité. Sa vie sexuelle sera irréprochable et elle sera pour sa compagne comme pour lui-même, l'accomplissement d'actes d'amour, de vie et d'harmonie. Ses moyens d'existence doivent être en accord complet avec l'honneur et la morale d'un vrai chrétien, et de préférence être une forme de service utile à l'humanité. L'attitude du candidat envers l'usage de l'alcool, du tabac et autres drogues, doit être celle d'un homme qui a pris conscience des fondements de sa propre morale. Il n'est pas exigé d'un Prêtre qu'il s'abstienne totalement d'alcool et de tabac; cependant, nombreux sont les membres du Clergé de notre Eglise qui s'abstiennent de ces indulgences personnelles, car elles sont essentiellement des habitudes égoïstes, de mauvais goût et sont une véritable épreuve pour les personnes sensibles. La plupart des membres du Clergé et des Evêques s'abstiennent totalement de ces deux usages. L'alcoolisme et l'usage de drogues sont des obstacles absolus à l'ordination. Tous nos Evêques et la plupart du Clergé, ainsi qu'un pourcentage considérable des fidèles de notre Eglise considèrent tout le système d'exploitation du règne animal, tel que celui-ci est actuellement pratiqué dans notre économie, pour la nourriture, la fourrure et le (soi-disant) sport (chasse, pèche, tenderie,...) comme fondamentalement mauvais, comme un péché et un crime contre la vie, et en conséquence ils pratiquent le végétarisme intégral; cependant, à nouveau, cet usage n'est imposé à personne. Il s'agit encore d'un domaine dans lequel le candidat établi sa conduite, basée sur sa propre éthique, et non sur la poursuite inconsciente des habitudes du monde, de sa satisfaction personnelle, ou par paresse. L'Evêque responsable devra considérer sérieusement l'attitude des candidats sur ces différents sujets, en tenant compte de leur entourage et des personnes avec lesquelles ceux-ci seront amenés à travailler. En matière de croyance, les membres de l'Eglise Catholique Libre sont entièrement libres. Chaque candidat est sensé arriver à sa propre croyance en chacun des points de la doctrine, parce qu'il est persuadé que ceux-ci sont vrais, et non pas parce que quelqu'un les a enseigné, ni du fait d'aucune autorité supposée. Il y a cependant dans notre Eglise, une philosophie générale. Personne, et plus particulièrement un Prêtre, ne se sentira à l'aise dans l'Eglise, si sa foi profonde et son expérience spirituelle ne sont pas en harmonie avec cette philosophie générale. Toute la liturgie de l'Eglise est pénétrée de l'esprit de cette philosophie, et personne ne devrait poser sa candidature sans avoir d'abord étudié la liturgie, chaque mot de la liturgie et avoir pesé le sens de chaque expression. Il n'y a rien en elle qui n'ait été placé sans motif ou sans objectif défini. Le candidat doit également compter parmi ceux qui considèrent la Déclaration de Principe et l'Abrégé de la Doctrine - documents officiels de l'Eglise - en accord avec leur point de vue philosophique, et qui sont prêts à en répandre les enseignements dans leur entourage. Le Synode Episcopal Général a reconnu les écrits de Mgrs Wedgwood, Leadbeater et Pigott comme représentatifs de l'esprit de l'Eglise, et en particulier: La présence du Christ dans la Sainte Communion de Mgr Wedgwood, la science des Sacrements, le côté caché des fêtes chrétiennes et le Credo chrétien de Mgr Leadbeater, Suivre des Chemins Séparés (Libéralisme et Traditionalisme chrétiens) et Religion pour les débutants de Mgr Pigott comme des textes convenant à l'enseignement de la philosophie de l'Eglise: ces ouvrages sont donc recommandés pour l'étude et la préparation de ceux qui envisagent de s'engager dans la Prêtrise. C'est dans ces livres que l'on trouvera la base de la philosophie généralement acceptée parmi nous et qui a, pour une grande part, motivé à son origine, la formation de notre mouvement distinctif. Bien que ceux-ci ne soient pas des documents officiels de l'Eglise, et qu'ils reposent sur la seule autorité de leurs auteurs, celui qui ne se sentirait pas en accord général avec les idées qui y sont exposées (quelles que soient leurs réserves sur les points de détail) ne pourront se sentir heureux et travailler longtemps avec le Clergé et les fidèles, dont la plupart ont adopté les enseignements exposés, comme dignes de confiance et comme une base sûre pour la conduite de leur vie spirituelle. Parmi les doctrines exposées dans ces ouvrages, se trouve celle de la réincarnation, l'idée que la vie de l'être humain n'est qu'un simple épisode dans une longue série de vies similaires pour chacun de nous, par lesquelles nous évoluons de l'imperfection primitive jusqu'à la perfection envisagée par Saint-Paul, lorsque "nous aurons atteint la plénitude de la stature du Christ"; une tâche impossible à réaliser en une seule, courte existence. La croyance en la réincarnation n'est une obligation pour personne, cependant, il apparaît clairement dans l'Abrégé de la doctrine que celle-ci est bien un enseignement officiel de notre Eglise et qu'elle est fortement attachée aux enseignements de l'Eglise sur la Rédemption. La doctrine de la Rédemption que nous acceptons généralement est celle affirmant que tous les hommes atteindront un jour la perfection dont il est question au paragraphe précédent, devenant ainsi tous aptes à entrer dans le Royaume des cieux, en accomplissant la Rédemption, en atteignant la "stature du Christ", comme le dit Saint-Paul, et comme nous le déclarons dans l'Acte de Foi habituellement utilisé pendant nos services de l'Eucharistie: "Nous savons que tous Ses enfants se prosterneront un jour à Ses pieds, si loin qu'ils peuvent s'égarer". Notre attitude, vis-à-vis du Sacrement de l'Absolution est généralement acceptée dans le Christianisme, de nos jours. Nous n'enseignons pas que le Christ nous enlève les conséquences inévitables de nos erreurs, mais plutôt qu'Il nous inspire à écarter de notre vie les transgressions et à apprendre, par les résultats de nos propres actes, aussi bien que par son sublime exemple, le mode de vie, et de conduite qui mène au véritable travail, à la véritable satisfaction, à la perfection. Dans l'Eglise Catholique Libre, nous croyons que la Prêtrise est un privilège spirituel extraordinaire. Nous avons des raisons de croire que le Seigneur tente, par le nouveau mouvement qu'est notre Eglise, de manifester une réforme de la religion chrétienne. Ceux qui sont trouvés dignes de participer à Son travail pour le Nouvel Age, sont à notre avis grandement honorés. L'Eglise Catholique Libre existe avant tout pour continuer dans le monde l'oeuvre du Christ, son Maître et ce Grand Oeuvre consiste à aider l'humanité à passer de l'irréel d'une vie transitoire, basée sur la recherche des plaisirs, vers la réalité de la Vie Eternelle, la Vie Divine, la Vie du Christ, l'étincelle d'immortalité qui est implantée dans chaque être humain, pour y être attisée et devenir une flamme géante, brillante comme le soleil, pour devenir un Fils de Dieu, par le processus de l'évolution dans laquelle nous sommes engagés. La doctrine, l'exemple et les Sacrements que le Christ, notre Seigneur, a laissé en héritage aux hommes, ont été donnés à chacun, pour hâter son évolution; et le vrai travail du Prêtre consiste administrer les fidèles par la doctrine, l'exemple et en agissant comme l'agent du Christ, en apportant à tous ceux qui le désirent: la Sainte Eucharistie, le Sacrement de Son Amour, sans prix, sans les restrictions usuelles de croyance et d'appartenance dont d'autres confessions ont entouré ces dons ineffables. L'oeuvre du Prêtre sera donc d'aider, d'encourager, de réconforter et d'inspirer les fidèles dans le pèlerinage de leur existence, de renouveler leur courage quand ils désespèrent, et de les relier plus profondément avec le Seigneur d'Amour et de compassion, duquel ils ont choisi librement de devenir les agents ordonnés. Telle est la tâche du Prêtre: le "lourd, mais doux fardeau", dont il se charge pour la vie entière, parce qu'il aime le Seigneur et son prochain. La Paix du Seigneur soit avec tous. + Maurice. Noël 1988. Le Canon 40 de la loi canonique de l'Eglise Catholique Libre, est repris ci-après, à titre d'information: CANON 40 Les âges respectifs de candidature aux Ordres seront les suivants: Ordres Mineurs: pas d'âge, mais généralement pas avant 14 ans. Ces limites d'âge peuvent être légèrement modifiées à la discrétion de l'Evêque Ordinaire. Il est recommandé, pour autant que cela soit possible, qu'un intervalle de six mois au moins sépare chacun des Ordres Mineurs, particulièrement pour les candidats dont l'âge est inférieur à 21 ans, et qu'une période d'un an au moins sépare les Ordinations successives d'Acolyte, de Sous-Diacre, de Diacre et de Prêtre. DE L'EGLISE CATHOLIQUE LIBRE: Afin de se former une idée claire du fonctionnement et de l'organisation de l'Eglise, il est recommandé d'étudier les documents officiels de l'Eglise dont la liste est reprise ci-dessous: La Constitution Générale: définit les responsabilités des divers Ordres dans l'Eglise et les principes qui doivent guider son action dans le monde.Le Code des Canons: Avec la Constitution, le Code des Canons forme le corps de la Loi Canonique de l'Eglise. Ce dernier rassemble les résolutions et directives pratiques d'application de la Constitution.La Déclaration de Principes: Ce document énonce les principes sur lesquels sont fondés les buts et la liturgie de l'Eglise.L'Abrégé de la Doctrine: Ce document résume l'essentiel de la Doctrine Catholique Libérale.La Liturgie: est le document qui définit l'ordre et la conduite des Services religieux, ainsi que la manière de distribuer les Sacrements, tels que ceux-ci sont définis et autorisés par le Synode Episcopal Général dans l'Eglise Catholique Libre. |