CHAPITRE V

LA PATIENCE





Pouvez-vous concevoir une ardeur au travail qui soit si grande que le corps lui-même semble se briser sous sa puissance, une ardeur alliée à une patience qui sait attendre un millier d'années?

Vous devez arriver à cette patience sublime car de multiples vertus sont contenues en elle: le contrôle de soi, la maîtrise, la vision du Plan, la connaissance du réel, le détachement quant aux résultats et la coordination de la volonté, du mental et du corps, afin que le moment venu ils puissent agir comme une unité. Cette patience n'éteint pas le feu de l'ardeur du service, au contraire, elle brillera d'autant plus sous la pression exercée par la volonté et l'intelligence. Quand enfin l'ordre est établi, quand, après le passage d'un éon, le jour arrive où la contrainte doit être libérée, alors le pouvoir qui a été emmagasiné pendant si longtemps jaillit hors de nous. Nous devenons les catapultes de Dieu.

Ce jour est venu; les énergies emmagasinées jusqu'ici et qui proviennent de la force du grand idéal que nous avons ont été envoyées dans votre monde. N'ayez pas peur du résultat: il est certain. Ce n'est pas pour rien que votre Hiérarchie et la nôtre, toujours dans l'attente de ce jour, ont conçu des plans depuis des temps dépassant l'imagination; c'est pourquoi je puis dire que le résultat est certain. Ils continuent à faire des plans pour des âges à venir; ils ont de grands projets incarnant la Volonté divine, des plans détaillés concernant les anges et les hommes qu'ils choisissent. Que sommes-nous sinon des incidents, des fétus de paille poussés par le souffle divin, mais le souffle du soi passe par ces fétus, si bien que le souffle répond au souffle et que Sa Volonté est faite.

Souvenez-vous toujours que la source ultime du pouvoir réside dans l'idée, que le pouvoir que nous utilisons dans les mondes manifestés n'est que la force qui émane de l'Idéation divine et son reflet. Si cela est vrai, aucun retard ne peut diminuer sa puissance, ni aucune circonstance prévenir son expression finale. La patience doit être fondée sur cette connaissance.