Si des philosophes l'invitent à rester en lui présentant des arguments vains et des théories vides de sens, rendant ses oreilles sourdes aux cris de douleur, l'amour alors élève sa voix puissante pour éloigner ces théories et philosophies discordantes. Il brûle si ardemment en lui qu'il ne peut plus résister. Si, pendant qu'il chemine, des rêves l'abusent, l'amour réveille son âme, brise ses rêves et lui demande d'agir. S'il vient à trébucher, l'amour le soutient; l'amour lui sourit à chaque halte et prend possession de son coeur.
Au début du sentier déjà, il constate que la connaissance et le pouvoir sont proches de l'amour. Il tend la main pour aider et voit la plaie se guérir. Rempli d'une joie nouvelle, la joie de l'amour, il poursuit sa route. Si quelqu'un venait lui demander la raison de sa douleur, c'est l'amour qui la révélera. Ainsi s'accroit la connaissance, la connaissance de la cause de la douleur humaine. Alors il entendra la voix de l'amour: "Vous devez unir en vous la connaissance et le pouvoir afin d'être à même de guérir les peines du monde."
L'amour lui confie l'étendard qu'il doit porter et inscrit sur lui le nom de Dieu.
Les hommes le voient lorsqu'il passe; ils voient l'étendard. Lorsqu'ils essayent de lire le nom, ils ne voient que pouvoir, connaissance, amour. lls ne peuvent lire le nom de Dieu, ils ne voient que l'armure, l'épée et le bouclier que Dieu prête à Son fils lors de son voyage de retour.
Ainsi armé et équipé, il passe le pont; il entend les chants de bienvenue des anges; il trouve la source de la connaissance, du pouvoir et de l'amour; il s'en abreuve et une fois rassasié se sait divin. Divin par sa connaissance, par son pouvoir et par son amour, il s'en va guérir et sauver le monde qu'il a laissé derrière lui. Il n'y a pas de peine qui ne réponde à la magie de son contact, pas de soif qui ne puisse être étanchée par son pouvoir, pas de mal que ne puisse dissiper sa connaissance, pas de forme de vie, si élevée ou si basse soit-elle, qu'il ne puisse voir. Il guérit par identification.
Il éloigne la douleur parce qu'il est la douleur même, parce que la peine n'est que le côté sombre de la joie; étant la joie, il est aussi la peine.