COMMENT
DOIT SE PRÉPARER ET SE COMPORTER
CELUI
QUI VEUT RECEVOIR LE SACREMENT DU CORPS DU SEIGNEUR.
Quand
un homme de Dieu veut recevoir l'adorable Sacrement de l' Eucharistie,
qui nous a été envoyé et donné divinement,
qui contient vivant le corps du Seigneur, et que, pour cette raison suprême,
nous devons entourer avant toute chose de vénération et d'honneur:
anéanti par laprésence du Seigneur son Dieu, qu'il se nourrisse
à l'éternelle vérité, examine, scrute, explore
sa Vie, ses paroles, ses actes ; et d'un coeur contrit qu'il dise au Seigneur
: Ayez pitié de moi, éternelle charité ! Certes, je
dois me détester violemment moi-même, car, dès ma plus
tendre jeunesse, j'ai mainte fois péché et bien mal employé
mon temps : Dieu très clément, ayez pitié de moi !
En vérité, je ne suis pas digne que vous rentriez en ma demeure.
(Matth.8 )
Mais pécheur
que je suis, tout criblé de blessures, que m'ont fait de Satan les
horribles morsures, je ne pourrai jamais recouvrer la santé... A
moins que votre bouche qui distille le miel des consolations, ne prononce
sur moi, misérable et débile. quelque parole de pitié
émanant de votre sublime Majesté.
CHAPITRE IV
DIEU RÉPOND A L'AME AVIDE DE LA SAINTE COMMUNION.
Homme, j'ai entendu ta prière : je ferai donc ce qui est de moi ; je répondrai à ta douleur; et j'agirai selon ton amoureuse confiance.
Que ton âme soit grande, joyeuse et paisible : tous tes voeux seront satisfaits. Car je serai ta nourriture et ton hôte ; mais tu te donneras pleinement à moi. Ma chair a été bien préparée pour toi sur la croix ; mon sang vivifiant et pur pénètre le corps et l'âme. Allons, banquetons ensemble, mangeons et buvons. Mais toi, fais en sorte de te souvenir de ma passion, de ma mort, de mon amour éternel. Car, c'est dans cette occupation et cet exercice, que tu jouiras de la paix : J'ai, en effet, compris par tes paroles, ô mon bien aimé, que tu es désireux de recevoir l'adorable sacrement : Voici que le Sacrifice de la Messe est consommé : Si tu es prêt, reçois (la victime).
Viens te
nourrir de moi qui suis le pain de vie !
Dieu seul
peut de ton coeur,
Avide de
bonheur,
Satisfaire
líenvie.
CHAPITRE V
L'HOMME PARLE A DIEU
EXALTANT MERVEILLEUSEMENT LA
GRACE EUCHARISTIQUE
Soyez béni, Seigneur mon Dieu, qui satisfaites mon désir ! Je reçois volontiers le Sacrement très saint, qui m'est un don précieux - puisque je trouve en lui votre corps sacré, pour moi très doux et très salutaire : il est la manne céleste dont la privation fait mourir (jean 6); il est aussi la nourriture des anges qui donne vraiment la sagesse à ceux qui la goûtent. Mais le monde ne peut pas la goûter, parce qu'il se délecte on s'afflige sans mesure,
De tous les biens du temps qui l'écartent de DIEU..
Il y a à peine un instant, mon Seigneur, vous avez daigné me promettre, que nous mangerions ensemble :
Et j'aspire
sans cesse
A ce banquet
sacré !
Et mon coeur
altéré
Veut enfin
se plonger en cette heureuse ivresse,
Dont les divins
transports procurent l'allègresse.
Cependant je
ne puis vous consumer ; plus je vous mange, plus j'ai faim de
vous, et plus je meurs de désir; plus je vous bois, plus j'ai
soif de vous ; et il me reste toujours (dans le calice) plus que
tous les mortels ne pourraient boire.
Et vous Seigneur
vous êtes un hôte très libéral, car vous soldez
tout ce qui est consumé.
Combien volontiers, Seigneur, je boirais votre sang qui donne la vie, et qui coule de votre côté sacré et de votre corps très noble et très glorieux ; car il est si suave à mon goût, que je ne puis cacher qu'il m'a déjà presque ennivré . (Cant.1)
En vérité, Seigneur, votre sang est beaucoup plus précieux et plus excellent que tous les vins qui découlent des grappes Puniques ; c'est pourquoi je remplirai tous mes vases, et je serai ainsi magnanime et audacieux; bien que rien au dehors ne me soucie.
Ma coupe est
débordante et je désire encore
Quand, pour
désaltérer la soif qui me dévore,
Le calice
divin
Est toujours
aussi plein.
Hélas
! tout ce que j'ai, je ne l'estime guère :
je désire
ardemment tout ce que je n'ai pas,
qui se dérobe
aux yeux de l'homme sur la terre,
Et qui borne
ses pas.
Mais bien
que mon désir me poursuive sans trêve,
Un être
mesuré ne peut, de son compas,
Atteindre,
même en rêve,
Celui qui
ne l'est pas.
Car ce qui a une manière (d'être) forme et ce qui n'en a pas, sont deux choses (distinctes) qui ne peuvent jamais en faire une : mais il est nécessaire qu'elles demeurent toujours distinctes et diverses ; car l'une ne saurait nullement se substituer à l'autre .
Mais la foi, l'ordre, les bonnes règles et les saintes institutions sont justement et méritoirement loués. Car les exercices et les réglements de la sainte Eglise visent à tout ordonner, régler et sanctifier ; et nul ne peut, dans le ciel et sur la terre, vivre sans ordre.
Et Dieu lui
même règle toute chose dans l'ordre, la manière, le
poids et la mesure. C'est pourquoi, suivons les règlements et les
institutions raisonnables, afin d'obtenir, au-dessus de la raison, la vie
contemplative.