LE SEIGNEUR
280. Dieu est Un ; il est le Créateur et le Préservateur de l'univers, par conséquent le Dieu du ciel et de la terre.
281. Deux choses font la vie du ciel chez l'homme : le bien de l'amour et le vrai de la foi. L'homme reçoit cette vie de Dieu ; il n'en vient absolument rien de lui-même. C'est pourquoi ce qui importe le plus pour l'Église, c'est de reconnaître Dieu, croire en Lui et L'aimer.
282. Ceux qui sont nés au sein de
l'Église doivent reconnaître le Seigneur, son Divin et son Humain, croire
en Lui et L'aimer, car c'est de Lui que vient le salut. Le Seigneur l'enseigne dans
Jean :
« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais celui
qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure
sur lui » (3 : 36).
Et plus loin :
« C'est la volonté de Celui qui M'a envoyé, que quiconque
voit le Fils et croit en Lui, ait la vie éternelle et je le ressusciterai au
dernier jour » (6 : 40).
Et enfin :
« Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en
Moi, vivra quand même il serait mort. Quiconque vit et croit en Moi ne mourra
point à jamais » (11 : 25-26).
283. Ceux donc qui, au sein de l'Église, ne reconnaissent point le Seigneur, ni son Divin, ne peuvent être conjoints à Dieu, ni par conséquent avoir part en aucune manière au sort des anges dans le ciel ; en effet, personne ne peut être conjoint à Dieu si ce n'est par le Seigneur et dans le Seigneur.
Que personne ne puisse être conjoint à Dieu si ce n'est
par le Seigneur, c'est ce que le Seigneur Lui-même enseigne dans Jean :
« Personne n'a jamais vu Dieu ; l'unique engendré Fils qui
est dans le sein du Père, est Celui qui L'a fait connaître » (1 : 18).
« Vous n'avez jamais entendu la voix du Père et vous n'avez
point vu sa face » (5 : 37)
Dans Matthieu :
« Personne ne connaît le Père, si ce n'est le Fils
et celui à qui le Fils veut Le révéler » (11 : 27) ;
À nouveau dans Jean :
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; nul ne vient
au Père que par Moi » (14 :
6).
Si personne ne peut être conjoint à Dieu que dans le
Seigneur, c'est parce que le Père est en Lui et qu'Ils sont un, comme on peut
le voir aussi dans Jean :
« Si vous M'aviez connu, vous auriez aussi connu Mon Père...
Celui qui M'a vu a vu le Père... Philippe, ne crois-tu pas que je suis dans
le Père et que le Père est en Moi ?. Croyez-Moi, je suis dans le Père
et le Père est en Moi » (14
: 7-11).
Et dans le même :
« Le Père et Moi, nous sommes un... Afin que vous sachiez et que vous croyiez que je suis dans le Père et que le Père est en Moi » (10 : 30, 38).
284. Puisque le Père est dans le
Seigneur, et que le Père et le Seigneur sont un, et puisqu'il faut croire en
Lui, et que celui qui croit en Lui a la vie éternelle, il est bien évident
que le Seigneur est Dieu. C'est d'ailleurs ce qu'enseigne la Parole, par exemple
dans Jean :
« Au commencement était la Parole, et la Parole était
chez Dieu et Dieu était la Parole. Toutes choses ont été faites
par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle.
Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle de l'unique-engendré du Père
» (1 : 1, 3, 14).
Dans Esaïe :
« Un enfant nous est né, un Fils nous est donné ; la
domination reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu
Puissant, Père d'Éternité, Prince de Paix (9 : 5)
Et encore dans le même :
« Voici, une vierge deviendra enceinte ; elle enfantera un fils,
et on lui donnera le nom de Dieu avec nous » (7
: 14. Matthieu 1. 23)
Et dans Jérémie :
« Voici les jours viennent où je susciterai à David
un germe juste, qui régnera en roi et prospérera...et voici le nom dont
on l'appellera : Jéhovah notre Justice » (23
: 5-6 ; 33 : 15-16).
285. Tous ceux qui sont de l'Église
et dans la lumière qui procède du ciel, voient le Divin dans le Seigneur
; mais ceux qui ne sont point dans la lumière du ciel, ne voient dans le Seigneur
que l'Humain, alors que cependant le Divin et l'Humain ont été tellement
unis en Lui, qu'ils sont un, comme le Seigneur aussi l'a enseigné dans Jean
:
« Père, tout ce qui est à Moi est à Toi, et tout
ce qui est à Toi est à Moi » (17
: 10).
286. On sait dans l'Église
que le Seigneur a été conçu de Jéhovah le Père et qu'ainsi
Il était Dieu par conception ; on sait aussi qu'Il est ressuscité avec
tout son corps, car Il n'a rien laissé dans le sépulcre. Il en a d'ailleurs
donné ensuite la confirmation à ses disciples, en disant :
« Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien Moi ; touchez-Moi
et voyez, car un esprit n'a ni chair, ni os, comme vous voyez que J'ai » (Luc 24 : 39).
Et quoiqu'Il fût homme en chair et en os, néanmoins Il entra dans le lieu où ils se trouvaient, les portes étant fermées ; et après qu'Il se fut manifesté, Il devint invisible (Jean 20 : 19, 26. Luc 24 : 31). Il n'en est pas de même pour l'homme-celui-ci ressuscite quant à l'esprit seulement et non quant au corps ; c'est pourquoi le Seigneur, en déclarant qu'Il n'était pas comme un esprit, affirmait qu'Il n'était pas comme un autre homme. De là il est évident que, dans le Seigneur, l'Humain aussi est Divin.
287. Tout homme tient de son père
l'être de sa vie, qui est appelé son âme ; l'exister de la vie qui
en provient est ce qui est appelé corps ; c'est pourquoi le corps est l'effigie
de l'âme, car, au moyen du corps, l'âme dirige sa vie à son gré.
C'est la raison pour laquelle l'homme, par naissance, ressemble à ses parents
et les familles se distinguent les unes des autres. D'après cela, on peut voir
quel a été le corps ou l'Humain du Seigneur, à savoir qu'il a été
comme le Divin même, qui était l'être de sa vie ou l'âme provenant
du Père ; aussi a-t-Il dit :
« Qui me voit, voit le Père » (Jean 1,4 : 9).
288. Que le Divin et l'Humain du
Seigneur soient une seule personne, cela est manifeste d'après la foi généralement
acceptée dans l'ensemble du monde chrétien, foi énoncée en ces
termes :
« Quoique Christ soit Dieu et Homme, cependant Il n'est pas deux,
mais un seul Christ ; Il est même absolument un et une seule personne ; car
de même que le corps et l'âme sont un seul homme, de même aussi Dieu
et Homme est un seul Christ. »
Ces paroles sont tirées du Symbole d'Athanase.
289. L'idée d'une Divinité composée de trois personnes est incompatible avec l'idée d'un seul Dieu ; bien que des lèvres on dise « un », toujours est-il qu'on pense « trois ». Mais si l'on se fait de la Divinité l'idée de trois dans une seule personne, alors on peut avoir l'idée d'un seul Dieu et ainsi non seulement dire, mais penser « un seul Dieu ».
290. On a l'idée de trois dans une seule personne, quand on pense que le Père est dans le Seigneur, et que l'Esprit Saint procède de ce dernier. Alors, le trine dans le Seigneur est le Divin-même appelé Père, le Divin-Humain appelé Fils, et le Divin procédant appelé Esprit Saint.
291. Puisque tout le Divin est en Lui,
le Seigneur a tout pouvoir dans les cieux et sur la terre. C'est aussi ce qu'Il enseigne
Lui-même dans Jean :
« Le Père a remis toutes choses en la main du Fils » (3 : 35). Et encore
:
« Le Père a donné au Fils pouvoir sur toute chair » (17 : 2).
Puis, dans Matthieu :
« Toutes choses M'ont été livrées par le Père
» (11 : 27).
Et, dans le même :
« Tout pouvoir M'a été donné dans le ciel et sur
la terre » (28 : 18).
Un tel pouvoir, c'est le Divin.
292. Ceux qui assimilent l'Humain du Seigneur
à l'humain d'un autre homme ne tiennent pas compte du fait qu'Il a été
conçu par le Divin-Même : ils ne prennent pas en considération que
le corps de chacun est l'effigie de son âme. Ils oublient d'autre part que le
Seigneur est ressuscité avec tout son corps et que, pendant sa transfiguration,
les disciples virent sa face resplendir comme le soleil. De même, ils ne conçoivent
pas que les choses que le Seigneur a dites concernant la foi en Lui, Son union avec
le Père, Sa glorification, Son pouvoir sur le ciel et sur la terre, sont des
choses divines et qu'elles ont été dites de son Humain. Ils ne leur souvient
pas davantage que le Seigneur est omniprésent, même quant à l'Humain (Matthieu 28 : 20)
et que c'est de là que découle la foi en sa Toute-Présence dans la
Sainte-Cène ; or, la Toute-Présence est Divine. Peut-être même
leur échappe-t-il que le Divin, qui est appelé Esprit Saint, procède
de Son Humain glorifié. En effet, il est dit :
« L'Esprit Saint n'était pas encore, parce que Jésus
n'avait pas encore été glorifié » (Jean
7. 39).
293. Le Seigneur est venu dans le monde pour sauver le genre humain, qui autrement eût péri d'une mort éternelle. Il a effectué ce salut en subjuguant les enfers qui infestaient tout homme venant au monde et sortant du monde ; et en même temps en glorifiant son Humain ; car Il peut ainsi tenir les enfers éternellement subjugués. La subjugation des enfers, en même temps que la glorification de son Humain, ont été effectuées par les tentations qu'Il admit dans l'Humain hérité d'une mère et par les victoires continuelles qu'Il remporta. Sa passion sur la croix fut la dernière tentation en même temps que la victoire complète.
294. Que le Seigneur ait subjugué
les enfers, Lui-Même l'enseigne dans Jean. Quand la Passion de la croix fut
proche, Jésus dit :
« C'est maintenant qu'a lieu le jugement de ce monde ; maintenant
le Prince de ce monde sera jeté dehors » (12
: 31).
Dans le même :
« Ayez confiance ; Moi, j'ai vaincu le monde » (16 : 33).
Et dans Esaïe :
« Qui est celui-ci qui vient d'Edom... s'avançant dans la
plénitude de sa force ? Grand pour sauver... Mon bras m'a procuré le salut...
c'est pourquoi il est devenu pour eux un Sauveur » (63
: 1-19 ; 59 : 16-21).
Qu'Il ait glorifié son Humain, et que la Passion de la croix
ait été la dernière tentation et la complète victoire par laquelle
Il a été glorifié, le Seigneur l'enseigne aussi dans Jean :
« Après que judas fut sorti, Jésus dit : Maintenant
le Fils de l'homme est glorifié... et Dieu Le glorifiera en Lui-Même, et
à l'instant Il Le glorifiera » (13
: 31-32).
Dans le même :
« Père ! L'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que
ton Fils Te glorifie aussi » (17
: 1, 5).
« Maintenant mon âme est troublée... Père, glorifie
ton Nom... Et une voix se fit entendre du ciel : je l'ai glorifié, et je le
glorifierai encore » (12 : 27-28). Dans Luc :
« Ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses,
et qu'Il entrât dans sa gloire ! » (24
: 26).
Ces choses ont été dites de sa Passion : Glorifier, c'est rendre Divin. De là donc, il est évident que si le Seigneur ne fût venu dans le monde, s'Il n'eût été fait homme, et, par ce moyen, n'eût délivré de l'enfer tous ceux qui croient en Lui et qui L'aiment, aucun mortel n'aurait pu être sauvé. C'est ainsi que doit être comprise l'affirmation que, sans le Seigneur, il n'y a point de salut.
295. Quand le Seigneur glorifia pleinement son Humain, Il dépouilla l'humain provenant de la mère et revêtit l'Humain provenant du Père, qui est le Divin Humain ; ainsi Il ne fut alors plus le fils de Marie.
296. Pour toute Église, la
première des choses et aussi la plus importante, c'est de connaître et
reconnaître son Dieu ; car sans une telle connaissance et reconnaissance, aucune
conjonction avec Lui n'est possible. C'est ainsi que, dans l'Église chrétienne,
il n'y aurait point de conjonction avec le Seigneur, si le Seigneur n'était
reconnu. Lui-même l'enseigne dans Jean :
« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais celui
qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure
sur lui » (3 : 36).
Et ailleurs :
« Si vous ne croyez pas que Moi je suis., vous mourrez dans vos
péchés » (8 : 24).
297. Qu'il y ait dans le Seigneur un Trine, à savoir : le Divin-même, le Divin-Humain et le Divin procédant, c'est là un arcane venant du ciel, à l'intention de ceux qui seront dans la Sainte Jérusalem.