CHAPITRE XI
L'UNITE
De même qu'il y a un pays de lajoie, de même il y a un monde où la diversité n'existe pas, où seule l'unité règne. Il est plus élevé que le pays de la joie, car la joie est le pays des idées universelles, et l'unité se trouve au delà des idées. Vous ne pouvez parler de ce pays avec vérité, car les mots sont des diversifications. Ce pays ne peut avoir qu'un nom, c'est le pays de l'unité. Non seulement il n'est pas besoin d'autres mots, mais il n'en est pas d'autres: seul le mot "unité" exprime le tout. L'analyser c'est le perdre; le synthétiser c'est le perdre; l'unité ne peut être ni analysée ni synthétisée: elle est une.
Quelle en est donc l'utilité dans les mondes inférieurs? C'est afin que vous puissiez en goûter la saveur. La saveur de l'unité peut être obtenue par le mental, elle peut même trouver son expression dans un effort mutuel.
Quand il y a effort mutuel dans les mondes inférieurs, les hommes sentent le parfum de l'unité; rien d'autre n'existe dans les mondes supérieurs au delà de l'intellect, car ces mondes sont plus près du monde de l'unité; l'unité est leur existence même.
En résumé, on pourrait dire que la volonté de Dieu s'y est incarnée. Il n'existe pas un être humain vivant dans les mondes inférieurs qui ne connaisse pas cette volonté irrésistible. C'est d'elle que naissent toutes choses, elle les maintient en existence, elle est la force motrice de toute vie - ces choses peuvent être connues mais elles ne sont que ses attributs et non la volonté elle-même. Par la volonté l'être humain s'élève au delà des pensées, au delà du monde des idées, même au delà de l'unité, jusqu'au Soi proprement dit. Il peut alors connaître la volonté de Dieu.
C'est là le sentier que tout homme peut prendre immédiatement, le sentier que tout homme prendra irrévocablement un jour.
S'il veut abréger son séjour dans les mondes de la forme, si son âme est rassasiée de forme et de séparativité, alors qu'il s'en retourne: qu'il reprenne le chemin par lequel il est venu, l'ancien chemin, le chemin foulé par tous ceux de sa race et de la nôtre qui l'ont précédé.